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Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann




une vampire
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Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 30.09.16 23:34


   
Your shadow follows me all day
Karen O ▽ I'm lying on the moon, My dear, I'll be there soon. It's a quiet and starry place. Time's we're swallowed up, In space we're here a million miles away
 
La nuit tombait sur la campagne londonienne. Sinistra était réveillée depuis quelques heures déjà, anxieuse, et s’était tenue près de la fenêtre, cherchant à entrevoir le monde lumineux sans pour autant s’exposer au soleil. Cela faisait plus de trois siècles qu’elle n’avait pas senti les rayons du soleil contre sa peau, et elle se sentait mélancolique. A vrai dire, cette vie, elle ne l’avait jamais choisie. Elle s’était satisfaite de son mari absent, de ses enfants, de sa richesse, et de son monde de fards et d’apparences. Elle avait joué le rôle à la perfection. Elle avait accueilli des bals, des banquets, elle avait marié ses enfants à de grandes familles Anglaises et Européennes. C’était sans compter celui qui l’avait tuée, notamment parce qu’elle avait osé refuser ses avances et rejeter son charme. Il avait été obsédé par elle, lui avait-il avoué par la suite, et il avait voulu la garder à ses côtés. Ah ! Comme il avait dû regretter pareil choix, lorsqu’elle lui trancha la tête. Elle le détestait, encore et toujours, pour l’avoir forcée à assister à l’enterrement de ses enfants, et de ses petits-enfants dans l’ombre. Par la suite, elle s’était forcée à aller se reclure dans l’Europe profonde, avant de décider de régler son compte à celui qui l’avait arrachée à sa vie.

L’obscurité était tombée, et Sinistra s’écarta enfin du rideau, allant choisir de quoi se vêtir. Dans son armoire, seulement des robes du XIXe siècle. Le Prince lui avait dit d’aller actualiser sa garde-robe, et peut-être qu’un jour elle prendrait le temps de le faire, mais elle avait d’autres préoccupations que les magasins. D’ailleurs, c’était étrange pour elle, car elle avait toujours apprécié la mode et les beaux tissus, et elle n’avait que ce qui était tendance (pour son époque). Mais avant de se reconcentrer sur ses vêtements, il lui fallait mettre la main sur celle à qui appartenait le sang avec lequel on l’avait réveillée. Cette femme, elle l’obsédait. Elle voulait boire son sang, pour pouvoir peut-être découvrir d’autres souvenirs, et mettre de l’ordre dans sa tête. A chaque fois qu’elle fermait les yeux pour dormir, elle voyait les souvenirs de cette femme, sa vie, complètement dans le désordre, et rien n’avait de sens. Ca lui donnait mal à la tête, et ça la rendait de mauvaise humeur. Alors, la veille, elle avait déposé un mot dans la maison de la jeune femme, lui demandant de venir au British Museum, si elle voulait des réponses sur qui la suivait, depuis des semaines.

Car Sinistra l’avait retrouvée, et assez vite. Pendant des jours, des nuits entières, elle était restée dans la rue, à regarder sa fenêtre. Elle l’avait suivie, et avait fini par rentrer au plus profond de son intimité. Elle savait beaucoup de choses sur ses habitudes, et beaucoup de choses sur elle, mais pourtant, rien n’avait de sens. Ca la rendait anxieuse. Transplaner jusqu’au musée ne lui prit qu’une demi-seconde, et elle réapparut dans le plus grand silence. S’il y avait bien une chose que Sinistra avait réussi à achever, après toutes ces années, c’était le transplanage dans le silence le plus complet. Même pas un petit ‘pop’ pour signifier de son apparition.

Elle avait toujours aimé venir au British Museum. Elle avait adoré voir les trésors d’autres périodes. Depuis sa sortie de terre, pourtant, elle n’y était pas retournée. Elle aurait dû. Elle était absolument passionnée par tous les artéfacts qu’elle y trouvait, reliques d’autres époques (un peu comme elle). Elle était occupée à observer une momie, curieusement, lorsqu’elle sentit une autre présence dans le bâtiment. Cela ne pouvait pas être le veilleur de nuit, elle l’avait enfermé dans un placard. Non, cette odeur, elle pourrait la reconnaître partout. C’était sa proie, son obsession. Un faible sourire aux lèvres, elle se fondit dans l’ombre, avec des années d’expérience. Elle n’avait pas besoin de respirer, elle pouvait se figer, comme une statue. Et de regarder passer devant elle la très belle rousse qui ne sortait plus de sa tête. Ding, dong. Le Big Ben laissait entendre sa chanson de minuit. C’était l’heure du rendez-vous.
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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 02.10.16 21:36


 

 Your shadow follows me all daySinistra & Leigh-Ann
 
« I feel you in these walls you're a cold air creeping in, chill me to my bones and skin. I heard you down the hall but it's vacant when I'm looking in... Who let you in ? »Les jours s’enchainaient sans trop avoir de sens aux yeux de la jeune Whitewood. Elle ne trouvait que - trop - rarement le sommeil et quand la journée elle devait être efficace ; à la Gazette ou au sein de l’ordre, elle faisait semblant, tentant d’être juste assez éveillée pour se farder d’un masque qu’elle gardait en permanence. Parce que la jeune femme était fatiguée, exténuée, au « bout du rouleau » comme elle aimait entendre les moldus le dire. Elle mettait ça sur le compte des investigations qu’elle devait approfondir, pour le journal, ou bien sur des milles-et-une choses qui devaient encore être mises en place chez les Phoenix, mais la réalité se trouvait ailleurs. Et, bien évidemment, Leigh’ savait où trouver la cause de tous ses tracas.

Elle avait pris la décision d’en parler à son frère, cette nuit là, à Natanael, à cet homme en qui elle avait toute confiance et qui - elle en était persuadée - pouvait l’aider. Pourtant, il s’était passé près de trois semaines, depuis qu’elle lui avait envoyé sa lettre. Et depuis ? Depuis, elle n’avait pas eu de temps à lui consacrer, à consacrer à leur fraternité. Elle s’en sentait parfois honteuse, alors que c’était elle qui lui avait demandé de l’aide. Mais, que pouvait-elle bien faire ? Elle n’avait pas de retourneur de temps, ni même de clone à lui envoyer pour recueillir les précieux conseils qu’il avait pour elle.

Alors, presque avec insouciance mais surtout bien résignée, Leigh-Ann remettait cette rencontre toujours à plus tard, cherchant le moindre moment de répits afin de le mettre à profit : DORMIR. Elle en avait besoin, cela devenait une nécessité vitale, si elle ne voulait pas finir par tuer quelqu’un, par inadvertance, ou par se mettre en danger plus qu’il n’était nécessaire de le faire. Elle s’était presque faite à cette sensation désagréable, la nuit, d’être épiée et elle n’y faisait – presque – plus attention, finalement. Cela devenait presque une habitude de se dire qu’elle ne dormirait pas bien, ou pas assez.

Elle en était arrivée à un tel état de décrépitude cérébrale qu’elle n’en avait plus rien à faire, peut-être. Sa curiosité n’avait plus de poids, face à la fatigue, face à son découragement. Oui, c’était ça : Leigh-Ann ; pour la première fois de sa vie, jetait l’éponge. Elle baissait les bras, s’avouant presque vaincue et attendant le sort qui lui était réservé, par une entité qu’elle ne connaissait pas et qu’elle ne voulait pas connaître, au fond.

Mais, s’il était une chose que la jeune femme n’aurait jamais du sous-estimer, c’était sûrement que la vie vous réserve toujours bien des surprises, aussi désagréables soient-elles. Et, encore une fois, elle l’apprenait à ses dépends… En cette fin de soirée et alors que le soleil s’était couché depuis bien longtemps, la jeune femme regardait pour la énième fois le mot qu’elle avait reçu la nuit précédente. Un lieu. C’était juste ça, un lieu de rendez-vous pour enfin comprendre.

Cette nuit encore, elle ne trouverait pas le sommeil.

Buvant une tasse de café dont elle était friande depuis des années, Leigh’ réfléchissait encore à l’intérêt qu’elle pouvait bien avoir à rejoindre cet inconnu. Et si c’était un piège ? Un autre, fomenté par le camp ennemi. Cela n’aurait pas été le premier, de toute évidence, et cela ne serait pas le dernier, si c’était bel et bien un guet-apens.  Pourtant, il fallait qu’elle sache, qu’elle se rende au Musée pour savoir ce que celui ou celle qui lui pourrissait la vie avait bien à lui dire.

Décidant finalement que la curiosité avait surpassé sa fatigue – pour une fois – la jeune femme s’habilla de nouveau, s’extirpant non sans mal du pyjama qu’elle s’était passé, plus tôt dans la soirée. Elle espérait juste que cela soit rapide, qu’e cela ne s’éternise pas jusqu’à l’aube. Elle priait pour avoir au moins – allez… - 2, ou 3 heures de sommeil avant d’aller se noyer dans un vase de café, à la Gazette.

Il était presque minuit, et, sortant de sa maison trop silencieuse, la rouquine transplana, se rendant en un battement d’ail de colibri dans le Hall du British Museum. La baguette basse et bien trop endormie pour se défendre au cas où il le faudrait, Leigh’ avançait, le plus silencieusement possible, dans l’allée centrale, pour rejoindre elle ne savait trop quoi, elle ne savait trop où.

Elle soupirait, n’écoutant que le silence, et toujours le silence qui pesait entre ces murs, avant que le son du Big Ben ne vienne percer l’opacité de ces lieux. Sa longue cape trainait derrière elle, tandis qu’elle allait s’asseoir sur un large banc. Elle s’était trop fatiguée, à transplaner. Elle devait dormir. Dormir, des heures, des jours peut-être, pour redevenir cette femme forte qu’elle était encore quelques semaines plus tôt.

« Will you PLEASE let me sleep ? Who are you ? What do you want from me ?! »

Elle hurlait presque, faisant battre sa voix contre les murs marbrés du Musée, s’effrayant presque alors que cette voix, d’ordinaire si douce et avenante n’était plus qu’un écho vide et colérique. Il était clair qu’elle n’en avait plus rien à foutre, maintenant.

Fermant les yeux et soupirant, elle s’allongea sur le banc, attendant que l’on vienne la trouver, ou qu’on l’achève. Il était confortable, ce banc, d’ailleurs… Si seulement… Si seulement on pouvait bien lui foutre la paix, et la laisser dormir.


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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 02.10.16 23:04


 
Your shadow follows me all day
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Elle était passée si près d’elle, laissant derrière elle ce parfum si délicieux qui hantait les nuits de Sinistra. Le souvenir de son sang était ancré dans sa peau, chaque saveur, chaque détail, chaque couche de goût, chaque épice, et surtout, presque trop de souvenirs. Elle savait des choses, sur la jeune rousse, même si elle n’était pas capable de les remettre dans leur contexte. Elle avait vécu, pendant l’espace de quelques longues minutes, à travers les yeux de Leigh-Ann, et elle avait pu ressentir les mêmes choses. C’était étrange, pour elle qui avait passé si peu de temps dans le corps d’un humain, de ressentir à nouveau les mêmes choses. Lorsque l’on vit pendant si longtemps, lorsque le sens des mots à jamais change, l’on apprend à relativiser les tragédies qui parsèment notre existence. La souffrance humaine, ça la faisait rire. Tels des vers inutiles, les humains semblaient adorer leur souffrance, et souhaiter y perdre la majeure partie de leur vie. Sinistra, elle, avait appris à souffrir rapidement, et à passer à autre chose. Sa vie était beaucoup trop longue pour se soucier de telles bêtises.

La peur, elle pouvait la sentir sur la peau de la jeune femme. Après qu’elle soit passée devant elle, Sinistra l’avait suivie, d’un pas lent et silencieux, jusqu’à se poster tout près d’elle, camouflée dans le noir. Soudainement, la rousse s’écria dans le silence, et la seule preuve que la blonde fût surprise fut l’écarquillement de ses yeux. Puis elle rit, un petit rire cynique qui semblait arriver de toute part, alors qu’elle sortait enfin de l’ombre, se présentant devant la jeune femme, éclairée par les rayons de la Lune, qui semblait créer un halo autour de sa tête.

« Such anguish dear. One might think you desperate. Allow me to introduce myself. Sinistra Black. »


Elle fit une petite courbette ridicule, pâle figure de ce qu’on faisait à son époque. Sans perdre de temps, d’un pas lent et mesuré, elle vint se glisser près d’elle, prenant place à ses côtés sur le banc. Elle croisa ses jambes avec élégance, et s’orienta vers la rousse, lui offrant un sourire en coin.

« Now, I must apologize for those weeks of night stalking, but you must understand: a person in my condition does not fare well in the Sun. If you know what I mean. »


Elle lui sourit à nouveau, taquine, et inclina légèrement sa tête sur le côté. En effet, et particulièrement à la lumière de la Lune, l’on pouvait distinguer le manque flagrant de coloration de sa peau. Ses lèvres étaient très pâles, et elle était assez proche de Leigh-Ann pour que celle-ci puisse ressentir la froideur de sa peau.

« And thank you, for coming here. Isn’t the Museum so lovely at night ? »


Elle était plaisante, un peu trop même. Cela sonnait faux, presque, mais après tout, Leigh-Ann ne connaissait pas le caractère plutôt dédaigneux de Sinistra. Autant l’attirer avec une pseudo gentillesse, le temps d’obtenir ce qu’elle voulait d’elle. Entre autres, une biographie. Des explications. Son sang. Oh, oui, son sang.

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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 03.10.16 22:33




Your shadow follows me all daySinistra & Leigh-Ann
« I feel you in these walls you're a cold air creeping in, chill me to my bones and skin. I heard you down the hall but it's vacant when I'm looking in... Who let you in ? »Les éclats de la Lune nimbaient la grande salle, et, si Leigh-Ann avait été d'humeur à profiter de cette vue, elle l'aurait assurément trouvée belle et envoutante. Mais, en cette nuit qui avait commencé d'une bien étrange façon, la jeune femme n'avait pas la tête à admirer la vue, que ce soit des œuvres exposées ou de l'ambiance lunaire. Elle tentait de contrôler sa respiration, et, du haut de ses trente-cinq printemps, elle aurait presque pu se mettre à pleurer de frustration. On jouait avec elle. Et s'il y avait une chose qu'elle ne supportait pas, c'était bien d'être un pion sur un échiquier et de ne pas avoir toutes les cartes en main.

Elle se recroquevillait presque sur ce banc, écoutant l'écho de sa voix envahir le reste du musée. Elle jouait avec sa baguette, distraitement, riant alors d'être si... SI quoi, d'ailleurs ? Déprimée ? Démunie ? Elle n'en savait foutrement rien. Elle voulait juste des réponses, elle voulait comprendre et mettre enfin un visage sur celui ou celle qui lui faisait vivre un enfer. Elle toussait, et, si elle n'était pas déjà occupée à le faire, elle aurait peut-être hurlé. Oui, parce qu'au diable la bienséance, le self-control et son semblant de dignité, elle n'était plus à ça près, de toute façon.

La voix qui s'élevait lui arracha un frisson qui parcourut tout son corps, électrisant sa colonne vertébrale et hérissant tous ses poils. Elle ne savait pas trop ce qui l'inquiétait le plus : le fait que cette voix lui semblait trop mielleuse ou alors que cette personne avait l'air de déjà bien — trop — la connaitre. Elle s’apprêtait à lui soustraire son identité, mais déjà son interlocutrice se présentait. Un autre frisson la parcourue et Leigh' ne put le réprimer. Cette voix, bien que féminine, avait quelque chose de séduisant et cela la rendait d'autant plus dangereuse.

Enfin, la journaliste releva le regard — alors que sa baguette, elle, était toujours baissée — et pu voir la figure qui se dessinait sous ses yeux. Celle qui se dressait devant elle ; et qui parodiait une misérable courbette, était d'une pâleur à faire rougir la Lune sans, pourtant, que cela n'entaille sa beauté et son charme presque surnaturel. Leigh' aurait pu se poser tout un tas de questions, mais une fois encore cette Sinistra lui offrait des réponses. La jeune femme — la seule bel et bien vivante en ses lieux — riait, résignée.

Ainsi donc elle allait servir de festin à un mordu d'hémoglobine et d’œuvres d'art ? La rouquine se redressa à peine, laissant bon gré mal gré son hôte s'assoir près d'elle.

« Cut the crap lady. Why am I here ? And don’t be coy with me. What do you want ? I won’t betray my beliefs. Is this about my blood ? That’s is, isn’t it ? »


Elle riait, maintenant, franchement. Mais son rire n’avait rien de beau, n’avait aucune once d’humour, non, il était froid et vide. Comme Leigh dernièrement. Il sonnait atrocement faux et l’on aurait pu y déceler un brin de folie. Oui, ce devait être ça, elle devenait folle à force de manquer de sommeil.

Alors, d’un geste brusque — si brusque qu’elle réprima un vertige — elle se releva, faisant face à cette inconnue.

« Sinistra Black. Hn… Oh… But maybe you would like to meet your family ? What a shame you have no one left. »


Elle faisait maintenant les cents pas, remuant cette baguette qui ne lui servait à rien. Elle y allait à l’aveuglette, oubliant politesse et diplomatie. Si elle devait finir en quatre heures, elle voulait que cela aille vite. Pour qu’elle puisse dormir. Même si sa nuit serait la plus longue qu’elle n’ait jamais connue.

« Hurry up lady. You can waste your time but mine is limited. »


Tournant ses talons et croisât ses bras devant elle, elle défiait la Black d’entrer dans cette danse qu’elle ne maitrisait pas. Leigh-Ann ne savait même plus ce qu’elle voulait : que cela s’arrête vite, ou que cela dure, encore et encore. Oh, et puis, une nuit de plus à ne pas dormir, qu’est ce que cela pouvait bien lui faire, au fond ?



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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 04.10.16 21:18


 
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Discrètement, elle se laissa aller à sentir sa peau. Elle inspira, forçant cette habitude perdue de respirer, et elle ferma les yeux une seconde. Des souvenirs confus lui remplirent la tête, et elle put voir la rousse, plus vieille, peut-être sa mère. Le point de vue était flou, et elle ne pouvait pas comprendre ce qu’elle ressentait. Elle rouvrit les yeux soudainement, et elle crispa ses doigts sur le banc pour reprendre le contrôle. Il fallait véritablement qu’elle prenne le contrôle sur ces épisodes, c’était tout bonnement invivable. Il suffisait d’une odeur, d’un goût, et elle se trouvait projetée dans des souvenirs qui n’étaient pas les siens. C’était déconcertant, et ça la hantait. Normalement, lorsqu’elle buvait le sang des autres, les souvenirs ne la frappaient qu’à chaque gorgée. Ils ne restaient pas, ou alors seulement si elle décidait d’y penser à nouveau. Là, c’était comme s’ils faisaient partie intégrante des siens, et elle n’arrivait plus à se concentrer sur quoi que ce soit. Ca la rendait instable, et pire, ça la rendait faible.

S’il y avait une chose qu’elle avait bien compris, sur cette époque à laquelle elle avait atterri, c’était que les siens, les morts, s’étaient fait connaître de tous. On les reconnaissait, on les craignait certes peut-être, mais on n’avait pas peur de les tuer également. Ils avaient beau être le haut du panier, ils n’étaient pas à l’abri de mourir, comme tous les autres. Pas que Sinistra soit tant attachée que cela à son immortalité, d’ailleurs, mais disparaître sans l’avoir voulu l’aurait grandement embêté. Elle se vantait de son indépendance, et mourir par un quelconque incident était hors de question.

La soudaine réponse de la rousse la fit sortir de ses pensées, et elle tourna la tête vers elle à nouveau, haussant simplement un sourcil en réponse. Il était très clair que la jeune femme était à bout de nerfs, et cela amusait la blonde. Si elle pensait qu’après cette rencontre elle en aurait fini d’elle, ah ! elle se mettait le doigt dans l’œil.

« No one is asking you to give up anything dear. And your blood, well. I’d be lying if I said I wasn’t interested in that. »


Elle inclina légèrement la tête, un sourire étirant ses lèvres. Ce n’était pas qu’elle voulait particulièrement son sang ; d’ailleurs, si la rousse avait été n’importe qui d’autre, elle n’aurait même pas daigné essayer de la mordre. Son sang ne l’intéressait que parce qu’elle y avait déjà goûté, et que rien ne lui avait plu. C’était le sang qui l’avait réveillée, et il lui en fallait encore. Elle était intriguée. La jeune femme se releva, soudainement, et Sinistra croisa les jambes, la dévisageant avec intérêt.

A ses mots, elle se figea et une ombre passa sur son visage. Elle perdit son sourire, l’espace d’une seconde, et sentit ses crocs commencer à s’étirer, réagissant à la provocation. Inspirant, elle ne la perdit pas du regard et se força à se calmer, restant assise. Elle savait que Leigh-Ann aurait vu que sa provocation avait fonctionné, mais ce n’était rien. Elle ne prit pas soin de répondre, l’ignorant avec un simple sourcil haussé. Ses mots faisaient certes mal, mais ce n’était qu’un triste exposé de la vérité. Sa famille avait été décimée, et les derniers en date, pas moins de trente ans plus tôt.

Voir la rousse s’agiter ainsi la fatiguait. Elle soupira, ne fit aucun effort pour le cacher, et secoua légèrement la tête à son impatience. Ces humains … Se relevant à son tour, avec une rapidité inhumaine, elle vient se glisser derrière elle, laissant ses lèvres frôler la peau de sa nuque. A nouveau, elle prit une longue inspiration, allant même jusqu’à poser ses mains contre les biceps de la jeune femme, se pressant contre son dos. Même s’il n’y paraissait pas, sa poigne était de fer, et si Leigh-Ann avait essayé de se retourner, elle aurait eu du mal à réussir.

« Since you’re in such a hurry, maybe I should just drink you dry and get it over with.  »


Son ton était sérieux, alors qu’elle glissa ses lèvres contre son cou, allant même jusqu’à caresser la peau de sa langue. Elle pouvait sentir le sang battre, délicieusement, sous cette peau. Elle pouvait sentir la peur, le doute, et elle avait envie d’y enfoncer ses crocs, une bonne fois pour toute. Mais elle s’écarta à la place, relâchant sa prise sur la jeune femme, et s’éloignant de quelques pas, lui tournant le dos sans pour autant baisser sa garde. Distraitement, elle contempla une statue grecque postée non loin de là, faisant courir ses doigts sur la froideur de la pierre.

« I was asleep for the longest of times. But somehow, it was your blood that woke me up. Any idea why that is ? »


Elle fit face à la rousse, alors, aussi sérieuse que la mort. A son tour, elle croisa les bras contre le tissu de sa robe, fixant Leigh-Ann d’un regard impénétrable.

« I saw things. Your life. There’s an organization, I think. You’re fighting against the stupid incestuous bunch, aren’t you ? Mmh.  »


Elle secoua légèrement la tête, un faible sourire éclairant ses lèvres.

« No matter. I need you to help me make sense of all of … that. Your emotions are very confusing to me. It isn’t pleasant.  »


Elle se doutait que sa révélation ne devait pas faire plaisir à la jeune femme. D’ailleurs, elle ne comprenait pas bien pourquoi elle se laissait à lui dire de telles choses. Ah, de toute façon, elle n’avait probablement rien à perdre.

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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 07.10.16 0:19




Your shadow follows me all daySinistra & Leigh-Ann
« I feel you in these walls you're a cold air creeping in, chill me to my bones and skin. I heard you down the hall but it's vacant when I'm looking in... Who let you in ? »La figure de poupe de l’Ordre du Phoenix avait fini par détourner son regard sur la Lune, l’admirant au travers de la vitre sale d’une fenêtre trop haute ou trop grande pour être régulièrement nettoyée. L’alliée des vampires se tenait au dessus d’elles, immuable, céleste et si brillante que sa clarté donnait presque mal à la tête à Leigh qui avait cru entendre un cri, au loin. Non, un hurlement, plutôt. Un éclat de voix ou de grognement perçant le silence et la quiétude de la nuit Londonienne. Ce devait être son imagination, son esprit devenu paranoïaque depuis ces derniers semaines. La jeune femme entendait des sons, des voix ; parfois, alors que rien ni personne ne pouvait en avoir été la cause. Elle croyait avoir perdu la raison tant de fois, récemment, qu’elle ne s’étonnait presque plus de rien.

Et tout cela était dû à cette femme. A cette étrangère qui avait réussi à la tirer de son lit, de la pseudo sécurité de sa maison pour l’attirer ici, sans user de la moindre force, ni de la plus infime des menaces. C’était risible, profondément risible et Leigh sentait une légère vague de colère s’éveiller au creux de ses tripes. Elle ne se sentirait peut-être plus jamais en sécurité, chez elle, et peut-être même nulle part, d’ailleurs. Partout où elle irait, elle aurait l’infâme impression qu’une paire d’yeux la suit, qu’une ombre pourrait surgir devant elle ou la poignarder dans le dos. A chaque pas qu’elle ferait, elle regarderait au dessus de son épaule, de peur qu’on ne la prenne pour cible, pour son alliégance à l’Ordre ou pour… Son sang. La voix de Sinistra s’élevait dans le musée, et, ce mot glissant contre sa langue lui avait lacéré la peau d’un autre frisson, violent, brutal à tel point qu’elle fit un pas en arrière, sentant presque ses crocs glisser contre son derme chaud et recouvert de chair de poule.

Elle braqua son regard sur la Nocturne. Elle était indéniablement belle et cela troublait l’esprit fatigué du Phoenix. Cette beauté la dérangeait et sonnait presque faux. Elle craignait de voir autre chose, quelque chose de plus sombre et de tellement plus hideux, en y regardant de plus près. Pourtant, elle ne pouvait se que se demander, s’intéresser à elle, désirant presque s’approcher pour gratter sous l’énorme couche de vernis — et de poussière, sûrement — afin de trouver la moindre petite chose qui finirait ; au mieux, par provoquer son désintéressement total. Car c’était ça, que Leigh voulait, finalement : en finir avec cette rencontre, tourner le dos à cette « nuisance » et oublier jusqu’à son existence même. Du moins, c’est ce qu’elle croyait jusqu’à ce qu’elle devine ses prunelles brillantes d’une étrange lueur de vie s’assombrir sous la provocation. Les vampires étaient-ils seulement capables de ressentir quelque chose ? Leigh avait peut-être un début de réponse, alors que déjà Sinistra répondait de nouveau, coupant presque la jeune femme dans son élan et la stoppant dans sa course effrénée contre le vent.

Cette ombre se trouvait maintenant dans son dos, pressant sa peau, ses lèvres douloureusement froides contre le cou de Leigh qui, soudainement prise d’un autre vertige, se laissa aller dans cette étreinte contre -nature lorsqu’elle sentit les dextrose glacées empoigner ses bras. Et, cette voix glissant jusqu’à ses oreilles la fit fermer les yeux, avant qu’elle ne finisse par gémir, sentant cette langue, si délicieusement humide mais fraiche parcourir son derme qu’elle offrit légèrement plus, sa tête penchée sur le côté.

Cet instant si intensément érotique ne dura pas, pourtant, et Leigh se prit à regretter cette proximité. Que faisait-elle ? Jamais elle n’avait trouvé le moindre intérêt chez les autres femmes, jamais assez pour chercher à les toucher, tout du moins. Et voilà que cette inconnue envers qui elle avait toutes les raisons d’entretenir de la rage éveillait en elle quelques instincts primaires. Alors, se retournant pour darder son regard sur sa silhouette, la rouquine tenta de se reprendre, pour la forme. Elle l’écoutait, maintenant, avec un intérêt ravivé par l’étrange « échange », ce soupçon de contact qu’elles venaient de partager, s’imprégnant des dernières informations que l’autre avait à lui offrir.

Elle sourit alors, tristement, avant de rire sans en avoir vraiment envie. Elle avait entendu les facultés que certains vampires pouvaient avoir et se demandait si Sinistra était de ceux qui pouvaient hypnotiser, voire contrôler au gré de leur ennui. Ce n’était pas si important, finalement, Leigh’ était déjà si « out of character », de toute évidence.

« Asleep ? »


Elle eut un hoquet presque outré, alors qu’elle se raidit bien vite, finalement. Son sang ? Comment son sang pouvait-il avoir été utilisé sans son accord ? Jamais elle n’aurait accepté de réveiller un potentiel ennemi.

« Wait. What ? What did you just say ? » — elle la regardait, les you en soucoupe, presque affolée. — « H-How would I know ? I-I___ »


Elle fit un pas vers Sinistra, cherchant presque du réconfort, cherchant des réponses dans les yeux de cette femme.

« I don’t know… I-I really don’t. »


Fauchée par la fatigue qui la frappait de plein fouet, elle se rassit, les épaules affaissées. Ce qui lui faisait le plus peur, pourtant, n’était pas sa propre vulnérabilité mais celle de ces gens qui avaient confiance en elle, celle de ce clan, de cette « organisation », comme redisait Sinistra.

« Whatever you saw... Just-Just drop it Sinistra » — elle relevait son regard vers elle, l’invitant d’un taste las à se rassoir près d’elle. — « May I call you Sin’ ? It suits you and I can feel I’ll have to deal with you for most of the night, so… »


Elle soupira, croisant ses jambes en tailleur sur ce banc devenu trop inconfortable.

« If I help you would you finally let me sleep ? I can’t live like that anymore, I need my beauty sleep. »


Elle riait doucement, passant ses mains sur son visage avant de les cacher dans ses mèches rousses. Elle tremblait de tout son long, cherchant à peine à dissimuler sa vulnérabilité. Finalement, Leigh avait posé ses iris clairs sur elle, sur cette femme qui, une seconde à peine plus tôt, était peut-être prête à l’égorger. Alors, sans même y réfléchir, elle se relava et se dirigea par habitude vers l’entrée du musée.

« Come with me. I can’t talk on this bench, my back hurts. I need a cup of tea and you… » — elle se retourna et la jaugea un instant. — « You won’t have my blood now. At least not here. »


Elle s’arrêta pourtant, consciente qu’à cette heure là, il était inutile de chercher à sortir par la grande porte. Elle s’apprêtait peut-être à accueillir le loup dans sa bergerie, mais de toute façon, cette femme, ce vampire aurait pu la tuer déjà dix fois, aie elle l’avait vraiment voulu.



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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 11.10.16 11:09


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Elle avait l’habitude d’avoir un effet sur les gens. Depuis ses quelques siècles de vie, elle avait vu ce qu’un regard causait, un sourire, et même un contact. Sa peau était froide, certes, mais ce toucher laissait toujours sa proie frissonnante. Bien sûr, cela ne s’appliquait pas vraiment aux autres vampires, mais ça ne la dérangeait pas. Les vampires, elle ne les avait que trop côtoyés, et elle ne les avait jamais appréciés. Si elle restait avec eux, bon gré mal gré, c’était parce qu’elle avait besoin d’eux. L’admettre l’agaçait mais c’était la vérité ; dans ce nouveau monde, qu’elle ne comprenait pas, elle n’était pas à son avantage. Elle était vieille, certes, probablement plus vieille que le Prince, et certainement plus vieille que tous ces autres conseillers, mais cette vieillesse lorsqu’on avait passé deux cent ans enfermée ne pesait pas beaucoup. Certes, elle avait une aura autour d’elle, quelque chose qui ne donnait pas envie de la provoquer, mais certains se fichaient de telles choses, tout comme on se fichait que son nom soit Black. A son époque, être un Black signifiait quelque chose. Les autres les craignaient. Aujourd’hui, des Black, des vrais, il n’y en avait plu. Enfin, non, ce n’était pas vrai. Il restait la dernière fille Black, mais mariée Malfoy, que Sinistra n’avait pas eu l’occasion de rencontrer.

Ce trou dans sa généalogie lui pesait. Elle avait entendu les rumeurs, même si elle n’avait jamais demandé à quiconque personnellement ce qui c’était passé. Elle savait que la folie avait apparemment ravagé sa ligne, à coup de mariages trop incestueux. Elle-même avait épousé l’un de ses lointains cousins, et si elle avait donné chacun de ses enfants à d’autres familles nobles, elle savait qu’ils avaient épuisé leur diversité génétique après quelques dizaines de générations. Alors, dire qu’elle était surprise était faux. Pour autant, s’en rappeler la blessait à chaque fois, et elle ne pouvait s’empêcher de penser que peut-être, si elle avait été présente pendant toutes ses années, elle aurait pu aider à la prolongation de sa ligne généalogique. Mais elle avait d’autres problèmes, à cet instant, que de penser à son absence cruelle de famille. La voix de Leigh-Ann la sortit de ses pensées, et elle sembla vivante à nouveau, sortant de sa posture statuesque dans laquelle elle s’était fixée. Ce simple mot la fit se retourner, et elle murmura un ‘yes’, perdant son regard sur la jeune femme. La réaction que la sorcière eut à sa révélation était compréhensible. Si elle avait été dans le même cas, Sinistra aurait été particulièrement énervée. Le sang était quelque chose de particulièrement précieux, sans même tomber dans des considérations de suprématistes sang-purs, notamment à cause de tout ce qu’on pouvait en faire avec de la magie. Alors apprendre qu’il avait servi à réveiller un vampire ! Imaginez donc !

La jeune femme se rapprocha d’elle, et Sinistra haussa un sourcil. Oui, la surprise, le choc, la colère un peu, et la fatigue, qui semblait happer la jeune femme à nouveau. Peut-être n’aurait-elle dû la stalker si longtemps, il semblerait qu’elle avait fini par casser la sorcière, juste un peu. Elle la regarda s’affaisser sur le banc de pierre, et elle eut presque de la pitié pour la jeune femme. Elle ne l’interrompit pas, attendant que Leigh-Ann finisse de paniquer. De ce qu’elle avait compris, ce groupe qu’elle avait entrevu se battait contre celui auquel Sinistra était vaguement affiliée — de force pour le moment — et elle pouvait comprendre pourquoi la jeune femme semblait si mal à l’aise. Quant à oublier ce qu’elle avait vu, ça, c’était bien le problème. Elle répondit par un simple mmh à sa réflexion, allant même jusqu’à hocher la tête en réponse. C’était simplement de l’aide — et son sang — qui lui fallait. Elle-aussi avait autre chose à faire qu’à la stalker toutes les nuits. Et amusée, elle la suivit vers la porte, ses bottines résonnant dans le silence du lieu. Elle profita de l’hésitation de la jeune femme, venant attraper son avant-bras avec une délicatesse qui semblait surprenante, pour un monstre comme elle.

« Fear not, my dear, your blood is the furthest thing on my mind. »


La seconde d’après, elles étaient entraînées dans la spirale infernale du transplanage. Elles réapparurent devant les grilles imposantes du Black Manor, et Sinistra relâcha le bras de la rousse après un peu trop de temps. Elle n’était pas femme à l’admettre, mais elle appréciait grandement le contact avec les vivants. Sentir la chaleur de leur peau la mettait toujours de bonne humeur. D’ailleurs, c’était pour cette raison qu’elle refusait systématiquement le moindre contact avec ses camarades vampires.

« Black Manor, back to its prime. Come, Miss Whitewood. »


D’un geste de la main, les grilles s’ouvrirent, et Sinistra se mit en marche, remontant l’allée de graviers menant jusqu’à la bâtisse. Elle était plantée au milieu d’hectares de terrain, autour d’un jardin à l’abandon. Elle n’était plus en ruines, certes, mais c’était loin de ce qu’elle avait connu deux siècles auparavant. D’un nouveau geste de la main, les doubles portes en bois s’ouvrirent, et elle jeta simplement un œil un arrière pour voir si Leigh-Ann la suivait toujours. Satisfaite, elle se glissa à l’intérieur, traversant l’entrée jusqu’à se trouver dans le salon. Elle sortit sa baguette, et alluma la cheminée sans un mot, glissant à nouveau l’objet dans sa cachette. Elle claqua des doigts, et un elfe de maison apparu. Elle lui sourit un instant, avant de lui faire une requête pour du thé, ce que la créature exécuta en quelques secondes.

« I have no interest in your group, or what you do, or how you plan to fight the idiots.  »


Elle lui tournait le dos, se tenant dans le coin de la pièce, et se versa dans un verre un breuvage d’un rouge très foncé, qui rappelait la couleur du sang. Revenant vers la rousse, elle s’installa dans un des sofas, lui faisant signe de s’asseoir à son tour.

« How do you propose to help me, Miss Whitewood ? »

Elle la fixa avec intérêt, prenant une courte gorgée de son breuvage. Elle se lécha les lèvres, alors que l’elfe réapparaissait avec une théière et une tasse, les déposant sur la table basse la plus proche de la rousse, avant de disparaître à nouveau.

« As for your beauty sleep, I have nothing to gain from you being hurt. You can rest peacefully. If anything, my presence in your shadow serves to protect you. »


Elle pencha légèrement la tête, pensive. Elle voulait lui proposer quelque chose, quelque chose qui persuaderait Leigh-Ann de l’aider, au-delà de se sentir obligée. Quelque chose qui n’engagerait qu’à peine le vampire, mais qui donnerait l’impression qu’elle tient particulièrement à la sécurité de la jeune femme.

« I don’t know how much you value your tranquillity, Miss Whitewood, but I can offer you protection. If you accept to be claimed, you will be untouchable by other vampires. And, well, if it’s nightime, I may even be able to help you, should you require my involment. All I ask in return is your help regarding those memories I have, and indeed, your blood. »


Elle lui offrit un nouveau sourire, charmante, et inclina légèrement la tête sur le côté. A nouveau, elle reprit une gorgée de son breuvage, appréciant avec un très faible gémissement la qualité du sang, sans nul doute vieux de plusieurs siècles.

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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 17.10.16 0:00




Your shadow follows me all daySinistra & Leigh-Ann
« I feel you in these walls you're a cold air creeping in, chill me to my bones and skin. I heard you down the hall but it's vacant when I'm looking in... Who let you in ? »La nausée. Leigh ; bien qu’elle transplane depuis des années, avait la nausée, cette nuit. Jamais elle ne l’avait fait aussi fatiguée, et encore moins ne l’avait-elle fait avec quelqu’un d’autre, sans qu’elle n’eut été prévenue avant. Elle avait presque posé son genou à terre en arrivant devant de grandes grilles qu’elle n’avait jamais vues.

Déjà, la peau trop froide de sa comparse quittait son bras et Leigh ne put s’empêcher de s’accrocher, à son tour, au bras de la non-morte. Elle avait besoin de stabilité, et, à cet instant, il n’y avait qu’elle qui pouvait lui offrir ça. Cette soirée s’enfonçait encore un peu plus dans l’ironie, alors que le jeune Phoenix se rappelait que cette main salutaire, ce soir, avait apporté tant de désagréments, les semaines précédentes. Mais, même si elle l’avait voulu, la jeune Whitewood n’aurait pu se passer de son soutien.

Quelques secondes, elle n’avait besoin que de ça pour reprendre ses esprits et se remettre d’aplomb – au moins assez pour marcher, pour « somnambuler » encore cette nuit. Emboitant le pas de sa tortionnaire, Leigh-Ann regardait autour d’elle. Elle avait beau avoir grandi dans une famille aisée, et dans une maison bien plus grande qu’il n’y fallait, ce qu’elle voyait dépassait largement ce à quoi elle avait été habituée. Les lieux semblaient abandonnés depuis longtemps, et, presque hantés par des êtres qui ne devraient pas se trouver là. Sinistra y avait sa place, en soi, y apportant presque du cachet. Depuis combien de temps les Black n’étaient plus ici ? Qui avait décidé qu’il était tant de partir et de laisser derrière un domaine, un héritage et une lignée si glorieuse ?

Ces questions ne concernaient pas Leigh, dans le fond, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser que le vampire devait se sentir tellement seul, et effectivement tellement perdu, dans une époque qui n’est pas la sienne et dans laquelle elle ne se sentirait sûrement jamais à sa place. Mais soit, si l’aider à s’y retrouver garantissait à la rousse le retour de son sommeil, elle le ferait, plutôt deux fois qu’une.

Docile – bien plus, et autant dire, comme jamais elle ne l’avait été – la rouquine suivait Sinistra un bon mètre derrière elle. « Back to his prime. », cette remarque la fit légèrement sourire : elle continuait de regarder autour d’elle et elle ne pouvait voir que des terres qui gardaient certes une part de leur panache d’antan, mais qui n’était plus que délabrement. Elle se demandait à quoi pouvaient bien ressembler les jardins, à l’époque où son hôte avait encore le cœur palpitant de vie…

Franchissant les larges portes de bois qui s’ouvraient devant elles, Leigh prit note, dans sa tête, de lui demander si cette acuité lui venait de par sa nature, ou si le manoir avait été ainsi fait, laissant à ses occupants tout le loisir de franchir les portes sans qu’aucune serrure ne les entrave.

Ce qui la sortit de son mutisme et de sa contemplation, ce fut ce feu, rougeoyant d’où émanait une chaleur réconfortante et bienvenue. Oh, et il était question de thé… Elle l’aurait, finalement, même si Leigh trouvait peut-être étrange qu’un être qui ne se sustente que de sang puisse avoir quelque chose d’aussi banal et commun que du thé. Peut-être qu’il était là depuis des siècle, aussi, et qu’elle finirait morte, terrassée par un thé avarié.

« Idiots ». Des mots, encore, bien mal-aimants, pour ses ennemis. Déjà, dès le début, au musée, elle avait remarqué cette animosité latente, ou tout du moins ce mépris pour les supposés alliées de Sinistra.

« What lovely words for your allies, Sin’. » - elle souriait, avant que son sourire ne tremble légèrement, à la vue de ce que son hôte avait versé dans son verre.  – « You don’t like them very much, do you ? »


Elle s’assit, en face de Sinistra et s’adossa un peu trop nonchalamment, espérant presque pouvoir s’allonger, s’affaisser et se faire avaler par le fauteuil. Ah, cela changeait au moins du banc trop froid, et trop dur du musée… L’arrivée de l’elfe la fit sursauter et elle se redressa sans même le vouloir, sans trop savoir pourquoi. Elle aurait voulu remercier le petit être, mais déjà il fuyait, « popait » vers un endroit, ailleurs, elle ne savait trop où.

Lentement, elle prit la théière, pour se verser une tasse du breuvage brûlant qui ne tarderait pas à lui mordre la gorge, de sa douce chaleur. Sa main ne tremblait plus, mais elle n’était pas plus sûre pour autant. Elle souleva ensuite sa tasse pour sentir les fragrances de son breuvage. Cela lui convint, finalement, et elle entoura la porcelaine chaude de ses mains, les laissant se réchauffer à son contact.  Et elle réfléchissait, aussi, il fallait bien le dire… Elle réfléchissait aussi rapidement que possible, ne sachant pas vraiment ce qu’elle pouvait offrir à cette femme, au fond.

« You need my blood right ? » - elle la regardait enfin, alors qu’elle avait fui son regard depuis qu’elles avaient quitté le musée – « And w-we could… For a start, you should tell my what you saw in my memories ? I’ll tell you… Well, I’ll answer to all of your questions. I think I cannot hide anything from you if you drink more of my blood, right ? »


Elle s’enfonçait un peu plus dans le fauteuil, anxieuse de partager ainsi sa vie, alors qu’elle était quelqu’un d’assez privé. Le reste de la conversation lui parut étrange et presque tiré d’un rêve. Et pourtant, certains mots résonnaient dans sa caboche, l’affolant autant qu’ils la rassuraient. Cette femme était décidément très « entre-deux », ramenant à la jeune Whitewood des sensations diamétralement opposées.


« Tranquility……… Protection……… Be claimed……… Untouchable……… »


Sans le vouloir, Leigh soupira – enfin, soupirait-elle vraiment ou était-ce un faible gémissement rêveur ? – et braqua ses iris dans ceux de Sinistra. Il ne fallait que son sang, semblait-il, son sang et ses souvenirs, ou en tout cas des réponses. Ca, elle était prête à le faire, ne serait-ce que pour enfin dormir en paix, mais, en ces temps sombres et pour sa sécurité et peut-être celle – à travers elle – de son clan, elle serait prête à ça, à… A quoi, d’ailleurs ?


« What would I need to do ? You’ll bite me, mark me as yours ? »


Elle frissonnait. Elle avait peur, certes, mais cela avait quelque chose de particulièrement excitant, peut-être, que d’être ainsi la « possession » de quelqu’un. Cela la dérangeait de penser ainsi, mais elle ne s’étonnait plus d’être si « déviante » dernièrement. La faute à qui ? A Sinistra, sûrement.

« If that’s all we need to… » - elle secouait sa main entre elles – « Bound us, and if it gives me your protection… So I agree. »


Enfin elle but une gorgée, puis deux, et le reste de sa tasse. La douce douleur qui enserra sa gorge la réveilla légèrement, autant qu’elle semblait lui redonner des forces. C’était loin d’être désagréable…

« Does it hurt ? »


Elle haussait un sourcil, avant de poser sa tasse pour s’en resservir une. Dieu que ce thé était bon, finalement. Si en arrivant dans le Black Manor, Leigh s’était sentie mal à l’aise – et peut-être trop vivante au milieu de ce temple sorti d’un autre temps et gorgé de vieilleries – elle s’y sentait plus apaisée, maintenant, presque en sécurité. Elle se trouvait folle, atrocement folle et inconsciente de sceller un pacte aussi drastique et conséquent avec une femme qu’elle ne connaissait pas, mais si ce vampire pouvait lui donner le même sentiment de sécurité que ce manoir, s’il pouvait lui promettre des nuits de tranquillité, et une vie en retrait des autres vampires, le leader des Phoenix ne voyait aucune raison, aucune, qui la forcerait à refuser une telle offre…



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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 23.10.16 13:04


 
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Son petit verre était vide, et elle hésitait à se lever pour aller le remplir à nouveau. Sinistra n’était plus de ceux ayant besoin de gorgées de sang pour survivre, d’ailleurs, à cause de sa ‘condition’, elle évitait aussi longtemps que possible l’obligation de devoir mordre quelqu’un. Alors oui, elle savait que certains décidaient de boire du sang d’animaux — ce qui ne manquait jamais de la faire rire — ou bien lui avait-on appris récemment, buvait leur sang dans des poches en plastique. Cette deuxième solution l’aurait peut-être intéressée, mais le vampire était décidemment vieux-jeu, et elle ne se voyait se nourrir par nul autre moyen que le classique vampirique. Même si chaque gorgée de sang lui était presque désagréable, elle ne se lassait jamais d’enfoncer ses crocs entre les couches de peau, jusqu’à heurter la veine qui lui apporterait son breuvage si convoité. Et il fallait avouer qu’elle aimait le goût du sang chaud, avec une légère préférence : elle le préférait lorsqu’il vibrait d’excitation, et non pas de peur. Evidemment, elle le buvait dans les deux cas, mais le plaisir de sa victime était toujours un petit plus.

La réflexion de Leigh-Ann lui fit hausser les épaules. En effet, elle ne tenait pas ses supposés alliés en grande estime, et d’ailleurs leur Roi en était parfaitement au courant. Elle n’avait jamais caché son dédain pour leur cause, qui lui semblait être une perte de temps, tout autant qu’une erreur : cette espèce de guerre inutile que l’on veut perpétrer tous les cents ans. Apparemment, ils n’apprenaient jamais de leur passé, eux non plus. Quoi qu’il en soit, Sinistra préférait un monde chaotique à un monde tranquille. Dans son temps, cela voulait dire qu’ils pouvaient faire disparaître à peu près n’importe qui. Et un accident était si vite arrivé que c’était parfois nécessaire. Mais Sinistra n’avait jamais compris ce qui poussait certains sorciers à vouloir dominer les moldus, et réduire en esclavage, ou pire, tuer, les nés-moldus. Certes, le vampire les trouvait aussi dégoûtants les uns que les autres, et ne les voulait absolument pas dans son espace personnel. D’ailleurs, il était très rare pour elle de boire autre chose que le sang d’un sorcier. Pour autant, elle ne s’était pas persuadée de la nécessité de leur mort. Et si elle avait bien compris, de toute façon, les moldus les surpassaient tellement en nombre que tout plan de les contrôler semblait irréalisable. Ceci étant dit, elle ne serait pas non plus femme à se plaindre s’ils parvenaient effectivement à dominer le monde.

La demoiselle semblait plus calme que tout à l’heure, si elle pouvait en juger par ses mains qui ne tremblaient presque plus, et les battements de son cœur qui s’étaient calmés. C’était tout aussi bien, car comme Sinistra lui avait précisé, elle ne risquait rien. En y repensant, peut-être aurait-elle dû même l’amener dans une des chambres, pour lui permettre de dormir un peu. Evidemment, le vampire n’était nullement fatigué, mais elle n’avait pas oublié que les humains avaient plutôt tendance à dormir la nuit, et non pas le jour. Mmh. Peut-être accepterait-elle de passer la journée au Manoir, afin d’être tranquille, et d’éviter à Sinistra de repartir la chercher la nuit suivante. A sa question, elle hocha simplement la tête. Elle n’avait besoin de nul autre chose que son sang, d’ailleurs. Les souvenirs, elle pouvait se douter de ce qu’ils représentaient, mais elle devait simplement mettre de l’ordre dans sa tête. Si Leigh-Ann pouvait lui expliquer la situation actuelle, de son point de vue, elle ne dirait pas non non plus. Alors, simplement, elle hocha la tête à nouveau. Cette discussion, elles ne l’auraient probablement pas ce soir-là : il semblait que la rousse peinait à garder les yeux ouverts.

Leigh-Ann semblait considérer ses mots, même si elle avait eu l’impression que ce qu’elle lui avait raconté était passé au-dessus de sa tête. Alors, intérieurement, elle priait des dieux inexistants pour que Leigh-Ann accepte son offre. Si elle disait oui, Sinistra aurait enfin réglé son problème millénaire. Certes, elle aurait les souvenirs de la jeune femme, mais couplés à toutes les sensations de déjà-vu qu’elle avait, ça ne ferait que l’aider à séparer les souvenirs, impressions, données lors de son réveil, et ses propres souvenirs.

« Well, yes, I would. In addition to that, you’ll have to drink some of my blood. »


Elle savait que cette idée n’était probablement pas très attirante, pour qui que ce soit, mais si elle le souhaitait, c’était nécessaire. Sinistra n’était pas non plus particulièrement excitée à l’idée de partager son sang — quelque chose qu’elle n’avait jamais fait auparavant, car elle n’avait jamais eu l’envie de se lier à qui que ce soit — mais il y avait quelque chose à propos de Leigh-Ann qui l’encourageait à le faire. Evidemment, elle blâmait ça sur le sang déjà à l’intérieur d’elle, devenu une partie d’elle-même relativement dérangeante, et tout aussi intrigante. La jeune femme frissonnait, et Sinistra pouvait entendre son rythme cardiaque s’accélérer, et elle sourit alors. La réponse, comme elle aurait enfin pu le deviner, était positive, et le vampire ne pouvait empêcher une expression satisfaite de percer son masque d’indifférence. Elle se redressa, dévorant des yeux la délicate jeune fille qui lui faisait face. A sa question, elle laissa échapper un petit rire.

« Only if you want it to. »


Lui répondit-elle, amusée, d’une voix rauque et séduisante. Dans un mouvement trop rapide pour être humain, elle se releva de son fauteuil, puis fit les quelques pas qui la séparaient de la rousse. L’air de rien, elle vint s’installer sur la banquette, assez proche de la sorcière pour qu’elle puisse sentir le froid qui s’émanait de sa figure, et elle laissa courir ses doigts sur la cuisse de Leigh-Ann. Les vampires étaient des séducteurs par essence, et Sinistra n’échappait pas à la règle. Elle lui sourit, et seulement les pointes de ses canines commençaient à être visibles.

« Now I must warn you, my blood will have some side effects. You’ll have better sense of sight, smell, hearing, for a little while. You’ll feel high, maybe. And the dreams, of course. »


Elle ne lui préciserait pas ce que seraient ses rêves, elle le saurait bien assez tôt, quand elle irait se coucher et que l’aura de Sinistra enveloppera son inconscient.

« Will you stay here, during the day ? Can I trust you enough not to kill me ? »


D’une main douce, bien que froide et décidément dure au toucher, le vampire caressa la chevelure de la demoiselle, découvrant son cou après quelques mouvements experts et délicats. Ses yeux, auparavant perdus sur le visage du sang chaud, vinrent se glisser sur l’étendue de son cou, regardant la veine battre sous la peau, peut-être un peu trop vite. Elle huma l’air, d’une inspiration forcée, et sentit ses crocs s’allonger, déformant presque sa lèvre inférieure de leur taille imposante. Soudainement, elle braqua ses yeux dans ceux de Leigh-Ann, caressant sa joue de la pulpe de son pouce.

« May I ? »


La sorcière avait pu voir ses crocs, dans toute leur splendeur, alors que Sinistra peinait à fermer la bouche. Elle n’avait pas été aussi excitée de goûter le sang d’un vivant depuis des siècles, et ça la surprenait.
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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit 24.10.16 18:27




Your shadow follows me all daySinistra & Leigh-Ann
« I feel you in these walls you're a cold air creeping in, chill me to my bones and skin. I heard you down the hall but it's vacant when I'm looking in... Who let you in ? »Le Phoenix avait - dans sa jeunesse et comme bon nombre de jeunes filles, sûrement ? - lu pas mal de bouquins sur les créatures de ce monde et sur… Non. Non, elle devait bien l’avouer : adolescente, elle avait lu beaucoup de « bit lit », comme le disent les Moldus. Elle avait trouvé ces ouvrages dans les bibliothèques mordues, justement, et, même si elle ne l’avait jamais dit à personne ; ou presque, elle ne pouvait nier avoir adoré ce genre de « littérature ».

Alors, quoi de plus normal en cette étrange nuit que de repenser à tout ce qu’elle avait bien pu lire ? Elle n’était certes plus aussi fatiguée qu’en ce début de nuit, mais elle n’avait pas réussi à empêcher son esprit de divaguer en entendant son hôte parler de sang, de la morsure et de la douleur qu’elle pouvait générer, si elle le souhaitait. Avait-elle seulement envie d’avoir mal ? Non. Non, absolument pas, non. Pas ce soir en tout cas. Ou pas cette fois-ci, tout du moins. Arg. Elle ne pouvait décemment pas penser à une quelconque autre morsure, avant même d’avoir reçu la première ! Et pourtant, elle se voyait déjà presque être le donneur officiel et sponsor de cette femme, lui donnant son sang comme les Moldus allaient le donner, dans une banque de sang. Serait-elle ça, elle aussi ? Un simple donneur, autrement différent que les « poches », mais tout aussi utile ? Ah, et puis ? Si c’était le prix de sa sécurité, tant pis.

Où avait-elle bien pu lire que les humains, une fois liés à un vampire, pouvaient souffrir si le vampire souffrait ? Ou encore qu’il fallait quatre morsures pour rendre l’humain presque immortel et que si le vampire mourrait, lui aussi perdait la vie ? Toutes ces questions tourbillonnaient dans sa tête et elle se perdait presque dans tout ce bordel. Elle ne savait plus trop quoi penser, ni quoi faire, mais elle avait déjà dit oui, alors, elle n’avait sûrement plus d’autre choix que de pencher la tête et de laisser Sinistra faire. Il ne lui fallait qu’une gorgée, n’est-ce pas, une seule, et tout irait mieux…?

Mais alors qu’elle tentait encore de chercher l’oeil du cyclone qui malmenait ses méninges, Leigh-Ann fit une légère grimace : boire le sang d’un autre ne l’avait jamais vraiment intéressée. Qu’elle se fasse morde était une chose, mais qu’en retour elle goûte celui d’un vampire en était une autre. Elle se demandait bien quel goût cela pourrait avoir, mais, sans qu’elle n’y fasse grand chose, elle trouva enfin l’oeil de son cyclone et la tranquillité qui y régnait : la propriétaire des lieux s’était assise à ses côtés, droite de toute sa stature et si près que la froideur de sa peau arrivait jusqu’à la chaleur affolée de la mortelle. Alors, l’idée de devoir elle aussi boire du sang lui parut moins écoeurante.

Elle releva alors les yeux vers la Black revenue d’un autre siècle et retint son souffle. Son regard avait quelque chose de beau, de touchant, et de profondément intrigant. Il aurait du lui faire peur, il aurait pu la faire fuir, mais Leigh-Ann ne trouvait rien, au fond, qui ne puisse la pousser à prendre la poudre d’escampette. Si elle devait se lier avec elle, mieux valait ne pas - trop - en avoir peur, non ? Elle trouvait toujours cette idée un peu folle, mais céder à cette concupiscence la sortirait peut-être de ce qu’elle traversait ces derniers mois. C’était peut-être ça, la réponse : se laisser happer par un part d’ombre, laisser un peu de noirceur l’embrasser et accepter ; finalement, qu’elle aussi, portée par les mains d’une autre, puisse se regarder en face malgré les idées peu reluisantes qu’elle pouvait avoir, dernièrement.

« Fine. But please, tell me I won’t have to bite you ? I’m pretty sure I don’t… » - elle jeta un bref coup d’oeil aux dents de Sinistra, sans pour autant les voir. - « I don’t think my baby fangs are sharp enough to break your skin. »


Elle avait souri, en dépit de la situation. Parce qu’il fallait bien le dire : elle se trouvait particulièrement ridicule, face à cette femme plusieurs fois centenaire.  

« N-No. I don’t want it to hurt. I don’t think I could handle the pain, I’d faint in your sofa and THAT would be unfortunate right ? »


Elle se redressa doucement, sentant l’autre se rapprocher presque « félinement ». Elle avait peur, dieu qu’elle avait peur mais cette sensation fut submergée par une étrange excitation, alors que Leigh avait l’impression de transgresser tellement de règles. Que penseraient les autres, ceux de son clan, sa famille, s’ils apprenaient ? Elle devrait garder le secret, à jamais. Personne ne devrait savoir qu’elle avait ainsi partagé son sang, volontairement, avec un supposé ennemi…

Mais, quel ennemi glisse sa main contre votre cuisse ? Quel genre d’ennemi peut ainsi vous faire frissonner ? Ah, elle était belle, la loyauté, elle pouvait se sentir fière, la Leader des Phoenix de s’offrir ainsi au « premier vampire venu ». Peut-être aurait-elle dit « Non », si elle n’avait pas tant manqué de sommeil, peut-être aurait-elle tout simplement refusé de la rencontrer… Pourtant, assise dans ce sofa, Leigh ne pouvait consentir à l’idée qu’elle n’était pas vraiment à sa place, cette nuit. Elle se voyait nulle part ailleurs, et, peut-être était-elle sous l’emprise hypnotique de cette femme. Elle s’en foutait éperdument. Et, alors que sa main glissait contre celle, glacée du vampire, Leigh fermait les yeux, penchant sa tête, frissonnant alors que ses cheveux dénudaient sa gorge palpitante de vie.

« I’m to tired to kill you and please ? Can’t you see ? I may sleep with you today… » - elle avait gardé ses yeux clos, inspirant longuement. - « But I’ll have to send  couple of messages to do so, Sinistra. Then I’ll be free to finally sleep… »


Elle avait murmuré, sa voix parfois brisée par l’impatience ou la fatigue. Elle n’attendait que ça, s’étendre entre des draps pour dormir, dormir toute la journée, plusieurs jours, pour l’éternité, s’il le fallait. Une dernière fois, la rousse ouvrit les yeux pour regarder Sinistra du coin de l’oeil. Ce qu’elle vit la fit frissonner, mais, elle inspira une nouvelle fois, glissant sa main, à son tour, contre la cuisse de la Black, serrant bien plus qu’elle ne l’aurait voulu.

« Please, Sin’, don’t make me wait… »


Elle se rapprochait d’elle-même de son hôte, serrant de plus belle la poigne qu’elle avait sur sa cuisse. Finalement, elle n’avait plus peur, elle voulait presque sentir ses crocs ; magnifiques et terrifiants, percer sa peau d’albâtre pour déverser entre les lippes avides de celle qui deviendrait son alliée, le sang rougeoyant de vie et encore bouillant de ses souvenirs. Les yeux encore et toujours clos, Leigh-Ann attendait, sans savoir que à quel point cette femme allait changer sa vie de mortelle.



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Re: Your shadow follows me all day — PV Leigh-Ann écrit Aujourd'hui à 3:25

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